Chapelle St Yves
ORIGINE
ELESTREC
GUICQUELLEAU
Chapelle St Yves
Croix St Hervé
Statue de St.Yves...
Cadran solaire

Nichée au fond d’un vallon où coule paisiblement un petit ruisseau, une chapelle se fait très discrète au milieu d’un écrin de verdure
A l’arrière de cette chapelle, trois jardins; devant, le presbytère et une salle attenante; au fond de la cour, une écurie pour le cheval du Recteur…
A l’entrée de la cour, une petite fontaine et au milieu de la route longeant l’enceinte et face au clocher, un calvaire.
C’est dans le calme de ce lieu que se réunissaient autrefois, les habitants des villages situés autour de Saint EOZEN, aujourd’hui appelé Saint -YVES, route de LANARVILY.
Cette chapelle du XVè ou XVIè siècle était dédiée à Monsieur Saint YVES, comme on l’appelait alors! Saint Yves (1253-1303) était le défenseur des pauvres...Elle avait belle allure, cette chapelle couverte d’ardoises, avec ses 20 mètres de long et plus de 6 mètres de large, son petit clocher, son grand vitrail, sa sacristie et ses quatre portes! Le seigneur de GUICQUELLEAU y avait ses armoiries.
Le recteur d’ELESTREC (alors paroisse du Folgoët) y séjournait fréquemment, notamment Yves MILBEO qui pêchait des anguilles dans le petit ruisseau en 1615. Depuis cette époque, le lieudit Saint Yves est toujours appelé « DOUR AR SILIOU » (le ruisseau des anguilles). Sur tous les actes officiels, y compris l’Etat Civil, il sera toujours fait mention de « Dour ar Siliou », et quelques recteurs l’écriront en un seul mot :  Douarsiliou 
D’autres recteurs d’Elestrec ou de Guicquelleau y ont séjourné, ainsi que quelques chanoines du Folgoët.
La famille de Kérabic, du manoir du Ménec fréquentait vraisemblablement cette chapelle régulièrement, comme leur fils Yves, sieur de TRAON DOUN, cité par Albert Le Grand (Vie des Saints de Bretagne) en 1604, comme bienfaiteur de la Basilique. Il avait fait ses études à Paris et s’était fait recevoir :   Docteur des arts et docteur en décret . Il fut recteur de l’Université d’Harcourt avant de revenir au pays.
La chapelle de Guicquelleau était devenue église paroissiale, remplaçant ainsi celle d’Elestrec qui avait été foudroyée.

Croix de Saint-YVES
Cependant, se rendre de Guicquelleau au Ménec n’était pas toujours facile à cette époque, surtout en hiver! Aussi la chapelle de St. Yves continuait-elle à rassembler les fidèles des environs; et les recteurs, Messieurs Blons et Le Roy, tout particulièrement, y célébraient les mariages au XVII et XVIIIè siècles, comme le prouvent les archives paroissiales de l’époque, actuellement en Mairie du Folgoët.
Arrive la Révolution Française qui allait voir la fin officielle de ce lieu de culte. Le 26 février 1793 les Révolutionnaires de Lesneven dépouillèrent la chapelle: la cloche fut descendue et emportée ainsi que l’argenterie, les vases sacrés, une statue garnie d’hermines et les quatre clés en bronze. Au même moment, on saisissait dans la Basilique du Folgoët, un massif d’argent représentant St. Yves avec, de chaque côté, un pauvre et un riche..
A partir de ce moment, la chapelle de St. Yves devint une grange; et le 21 juillet 1796, elle fut vendue comme bien national, avec les bâtiments situés dans la même cour, ainsi que les jardins et les champs s’y rattachant, et travaillés à cette époque par Jean QUISTINIT de l’île « An Enez » , près de Pen ar Pont.. Le tout était alors propriété de la fabrique de Guicquelleau. L’ensemble fut acheté par URSIN LE GALL, très connu à Lesneven, pour la somme de 1650 livres. Il acheta également le manoir et la ferme du Ménec et les métairies alentour.
Toutes les propriétés d’Ursin Le Gall furent ensuite rachetées par la famille LAUGIER-DUPESSEAU de Pont-Croix, où la famille se retira en 1863, après la mort du fils qui fut maire de Lesneven.. Cette famille fit démolir la chapelle en 1840 pour construire sur le même emplacement une longère comprenant: une maison d’habitation, une grange et une écurie. Elle fit également refaire les maisons et les bâtiments de ferme de leurs métairies ainsi que la maison du manoir du Ménec sur la terrasse de l’antique maison forte du XIII ou XIVè siècle.
C’est aussi à cette époque que fut construit le hameau de Kergrist..
Lorsque la chapelle fut démolie, la statue de Saint Yves et celles du riche et du pauvre furent déposées à Traon Doun où elles restèrent plusieurs années.Elles furent cédées à l’abbé CUILLANDRE, recteur du Folgoët de 1892 à 1900. C’est Yves BERNES, né à Saint- Yves le 28 novembre 1862, devenu domestique au Traon Doun qui eut l’honneur de les apporter au bourg où le recteur les fit placer sur la façade sud de la Basilique, et où l’on peut encore les admirer aujourd’hui.
Ces statues et quelques archives municipales et départementales permettent de ne pas oublier complètement des siècles de vie de nos ancêtres et l’histoire de notre paroisse qui devait devenir la commune de LE FOLGOET par ordonnance de Charles X du 23 août 1829.

Pierre Le Rest
(du quartier de Saint -Yves)


salaunarfoll
12/02/04